Ateliers de la candidature

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Une brève histoire d’amour appelée à durer

Exposition de Michèle Sylvander chez Marianne Cat

Dans le cadre des Ateliers de la candidature mis en place par Marseille Provence 2013, l’artiste Michele Sylvander a investi la boutique de Marianne Cat, rue Grignan, avec une œuvre inédite.
Dans ce lieu dédié à la mode, au design et au mobilier, la plasticienne propose un court métrage cinématographique. En détournant les codes du roman photo, elle joue allègrement de la confusion des genres.

La boutique de Marianne Cat est sans doute la plus petite entreprise participant aux Ateliers de la candidature. Rien à voir avec Eurocopter. Mais ce magasin haut de gamme attentif à la création sous toutes ses formes a toujours affiché un véritable engagement en faveur de l’art. Marianne Cat a donc saisi cette l’opportunité pour ouvrir une partie de son espace à Michele Sylvander. « Un commerce est un lieu de vie. Il témoigne de l’activité de la ville, explique la directrice du magasin. C’est un espace de circulation, de passage. Ce qui lui donne une position stratégique pour donner accès à l’art ». Pourquoi avoir choisit Michele Sylvander ? Tout simplement parce que Marianne Cat la connaît depuis longtemps et qu’elle admire son travail. Quant à l’artiste, elle a profité de cette occasion pour, en toute liberté, s’aventurer dans des territoires qu’elle n’avait encore jamais explorés: le cinéma.

On connaît surtout Michele Sylvander pour ses photographies. Elle a mis en scène de multiples manières et avec toujours une distance teintée d’humour, le corps humain - le sien - maquillé, déguisé ou travesti. Avec beaucoup d’ambiguïté, son travail nous invite à repenser l’angoisse du devenir de la beauté que nous impose l’image de la femme dans notre société occidentale. Si son nouveau projet, intitulé Une brève histoire d’amour, est radicalement différent dans sa forme, sur le fond, il creuse le même sillon et continue d’interroger, avec une rare acuité, les problématiques d’identité et d’intimité. Comme à son habitude, l’artiste entremêle à l’approche très formelle des notions d’affect et de vécu.

Michele Sylvander a choisi de réaliser un vrai faux roman photo. Elle détourne les codes du mélodrame, les amplifiant pour mieux les mettre à distance. Elle exacerbe ainsi l’aspect factice du jeu des relations sociales, humaines et amoureuses. La trame narrative du film repose sur une histoire d’une banalité confondante. Ce vide vient nourrir la dimension plastique du projet, en soulignant l’impossibilité à représenter le réel autrement qu’en l’esthétisant, il provoque une profonde mise en abyme. Cet effet de trouble est d’autant plus puissant qu’il est renforcé par une dimension autobiographique omniprésente. Ce film est tourné « chez elle, » dans sa ville, dans son quartier et les acteurs et figurants participent tous de la vie artistique marseillaise. Pas étonnant si le voile tient une place particulière dans ce film comme dans toute l’œuvre de Michele Sylvander. A l’image du théâtre de Marivaux, l’entreprise de dévoilement n’advient que grâce à la médiation du leurre et du simulacre. On retrouve donc dans une Brève histoire d’amour, l’obsession de l’artiste pour les vêtements et leur double fonction d’écran et de parure. Ce parti pris résonne d’autant plus fortement dans la boutique de Marianne Cat. Une correspondance de plus que le visiteur peut librement saisir pour mieux apprivoiser ce travail sensible.

Une brève histoire d’amour, jusqu’au 23/9 à la boutique Marianne Cat
53 rue Grignan, Marseille 6e. 04 91 55 05 25

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